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Que reste t- il de la cité romaine « Isiacus » aujourd'hui Izieux ? Rien ! Des vestiges furent mis à jour lors de la construction du Relais d'Izieux ( établissement pour personnes âgées ), à l'emplacement de l'ancienne école de filles Saint -Joseph.

Lorsque les ouvriers terrassiers découvrirent ces vestiges antiques, ils en informèrent la municipalité.... Celle-ci loin d'explorer ou de donner le temps d'explorer ces trésors archéologiques à des associations compétentes, ordonna de recouvrir ces « pierres » de béton afin d'aller plus vite et « d'éviter tout problème » ! Tout problème archéologique ? Historique????? Qui en a fait mention à l'époque au début des années 1980 , dans la presse, dans les médias ????

Secret bien gardé ! La priorité était de bâtir vite, quitte à ensevelir pour des décennies un riche passé, qui aurait donné à notre village d'Izieux et à la ville Saint-Chamond, un prestige nouveau.

Ainsi à la place du Relais, de l'école des filles et des garçons Debussy de la mairie, de l'église, de la maison rurale et familiale, de la voie du chemin de fer, de la cure ,de la place nationale ,et de la rue Rivaud se dressait une cité romaine à l'époque où Saint-Chamond n'existait pas encore !

La légende disait qu'Isis la déesse égyptienne était venue en ces lieux et avait tracé un cercle, et se mettant au milieu, aurait dit : « Ici est mon domaine , Isieu, ISIACUS» !

Isiacus devait être un centre romain d'importance. Une garnison romaine devait y séjourner, sinon comment expliquer que les Romains aient eu vent des qualités de l'eau du Gier ? Qualités déterminantes dans le choix des grands bâtisseurs d'aqueducs. En effet captée non pas à la source mais près du Creux lieu dit « Moulin combat » l' eau du Gier fut transportée dans un aqueduc long de 86 kilomètres ( un des plus longs d'Europe) jusqu'à Lyon pour alimenter la capitale des Gaules ! Qui aurait informé les grands architectes romains à Rome ou à Lugdunum de la pureté de notre eau si ce n'est un de leurs représentants habitant sur place à Isiacus ?

C'est entre histoire et légende que nous allons vous parler de ce bâtisseur d'aqueduc qui travailla 20 ans et édifia un monument unique. Son nom nous est inconnu. Nous n'avons pas retrouvé de stèle à son éffigie. Peut- être son nom est-il enfoui sous l'église Saint André, ou sous l'école Debussy...? Peut être d'ici 10 ans 20 ans lors de démolitions, pourrons- nous percer le mystère du bâtisseur de l'aqueduc du Gier ?

Avant les « bâtisseurs de cathédrale du moyen âge », il y eut dans toutes les civilisations des « bâtisseurs » : les bâtisseurs de pyramides, d'agora.. L'époque romaine peut se glorifier d'avoir eu ses bâtisseurs d'aqueducs qui par leurs ouvrages esthétiques, utilitaires , intemporels, ont su traverser les siècles et témoigner de l'oeuvre de leur civilisation.

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Nous étions en l'an I après Jésus Christ. La « pax romana « allait permettre pendant trois décennies à l'empire de prospérer. La persécution des chrétiens était quant à elle, très active.

Les légions romaines étaient maîtresses de la Gaule au début du 1 er siècle après Jésus Christ. Notre région du Jarez-Pilat venait d'être conquise par un de leurs Centurions : Julius. Ce jeune officier romain, commandant d'une centurie (armée de cent hommes) était venu à bout de nos braves guerriers gaulois qui s'étaient battus dans nos montagnes du Pilat et dans nos vallées du Jarez. Comme les populations résistèrent aux troupes romaines, Julius détruisit leur village et leur oppidum et dispersa hommes, femmes et enfants. Certains furent réduits à l'esclavage.

Le chef Gaulois rebelle Ogmios se battit vaillamment en la cité d'Isiacus. Il perdit la vie lors d'un dernier combat avec sa femme Epona. Avant de mourir la jeune femme qui serrait dans ses bras son bébé, implora Julius d'épargner son fils. Julius prit l'enfant des bras d'Epona, et le sauva..

L'enfant grandit. Julius avait épousé Alba, qu'il aimait sincèrement. Hélas mais elle ne pouvait lui donner d'enfant. Alors il décida d'adopter son filleul : l'enfant gaulois. Il le nomma Isiacus car trouvé en la cité d’Isis. Le garçonnet avait à peine quatre ans. Il l'installa chez lui et Alba fut toute heureuse de materner ce petit orphelin.

Le temps passa. Isiacus eut de bons précepteurs et de bons pédagogues qui lui donnèrent le goût des études. L'enfant avait des capacités en mathématiques, physique et astronomie. Les sciences le passionnaient. Aussi son père adoptif fit tout pour enrichir ses connaissances n'hésitant pas à l'emmener avec lui lors de voyages... A dix-huit ans il était un expert en hydraulique et travaillait avec de grands architectes et bâtisseurs à divers aqueducs.

Lorsque le haut représentant de l'empereur Auguste installé récemment à Lugdunum nota l’insuffisance d'eau pour la nouvelle capitale, il fit venir les architectes et les apprentis auprès de lui. Isiacus proposa de construire le grand aqueduc du Gier, louant les vertus de l'eau du Gier, si pure et si fraîche...

Le haut fonctionnaire écouta le jeune homme et ordonna des études approfondies sur son projet qui s'avèrèrent positives ! Isiacus dessina le croquis de l'aqueduc du Gier. L'empereur Auguste en fut informé. Il fut impressionné par les dessins du jeune homme et lui donna carte blanche. L'aqueduc fini donna un débit de 24 000m3 par jour. Le franchissement des obstacles naturels nécessita la construction d'un grand nombre d'ouvrages : 36 ponts, 4 syphons, huit lignes d'arcatures, d'autres ouvrages souterrains, 11 tunnels dont 2 à Chagnon. Ce fut une grande conduite maçonnée en grande partie souterraine.

Isiacus eut l'honneur de poser la première pierre de l'aqueduc. Il proposa que l'on captât l'eau en amont de la rivière, à une cascade...Durant vingt ans il suivit la construction de ce gigantesque ouvrage. Son père adoptif Julius si fier de lui, avait caché ses origines gauloises, lui faisant croire qu'il était un enfant trouvé...

Isiacus lors d'une promenade de complaisance, rencontra Merna, une jeune Gauloise vivant dans les montagnes de Saint Croix en Jarez, non loin de la pierre qui chante. Cette jeune Gauloise avait perpétué toutes les traditions de son peuple. La religion druide était interdite mais elle la pratiquait en grand secret. Un vieux druide caché depuis plus de vingt ans révéla à Isiacus ses origines : son père, le chef gaulois Ogmios et sa mère Epona morts lors du dernier combat contre Julius. Isiacus en fut bouleversé. Ainsi son père adoptif était l'assassin de ses parents légitimes ! Il demanda des comptes à Julius qui très fatigué essaya de lui expliquer les faits :

- Isiacus c'était la guerre ! C'est vrai ! Je n'ai pas tué ton père et ta mère ! Ils ont été blessés mortellement par les lanciers ! Moi, centurion, je commandais et quand je t'ai vu dans les bras de ta mère, je t'ai sauvé.Ta mère m'avait demandé de le faire, mais je l'aurais fait quand même !

Isiacus contrarié quitta le logis de Julius. Il rejoignit la belle Gauloise. Il décida de rester éloigné de Julius mais poursuivit son œuvre de bâtisseur par respect envers ses maîtres et les ouvriers qui comptaient sur lui.

Son épouse et sa tribu gauloise hostile  lui avaient demandé de cesser ces travaux au service de Rome. Mais Isiacus refusa et tint bon parlant de parole donnée, d'honneur, de travailleurs gaulois et d 'engagement.  

….Quelque temps après son mariage avec Merna, Julius mourut si triste de ne pas avoir revu avant sa mort son fils Isiacus. Alba resta seule Isiacus travailla vingt ans sur le chantier qui allait d'Isiacus, Isieu au Langonand, à Chagnon, à Saint -Maurice sur Dargoire- à Mornant à Saint- Foy lés Lyon et à Fourvières, la colline de Saint Jean à Lyon. Après ce grand ouvrage, il refusa de construire d'autres monuments pour les Romains.

Influencé par son épouse gauloise, il lui avait fait la promesse qu'après l'aqueduc du Gier, il ne travaillerait plus pour les Romains. Il vécut quatre ans désoeuvré, déprimé, dans les montagnes à élever des moutons.

Mais l'architecture et les mathématiques lui manquaient. Merna mourut d'une méchante grippe. Elle avait eu avec son époux deux enfants mais tous deux étaient morts en bas âge. Il ne restait plus de Gaulois dans ces montagnes : le druide était mort voilà longtemps, les amis de Merna aussi, et leurs descendants partis en Bretagne, là ou le peuple gaulois s’était regroupé.

Isiacus retourna alors à Lugdunum où il fut accueilli comme un prince. Il reprit du service et bâtit théâtre, thermes, temples..Puis il finit par épouser une jeune nièce du procureur romain : Augusta.

Ils vécurent en la capitale des Gaules où il devint le bras droit du gouverneur. Il eut deux fils et deux filles.

Il ne remit plus jamais les pieds ni dans les montagnes du Pilat vers « la pierre qui chante » , ni à Isieu « Isiacus la cité perdue ».

Tag(s) : #contes et légendes

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