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En quête d'une tonalité

Qui de l’État, ou d'une entreprise privée, remporterait le marché du réseau stéphanois ? Le combat s'emplifia au cours de l'année 1883.

Pouvait-on demander aux agents et aux pompiers de garde d'aimer le son du cor, le soir au fond du poste ? Ou plutôt du clairon qui, à chaque incendie, devait donner l'alerte ? Ne manquait que la stridence d'un avertisseur électrique. Mais, tout bien considéré, la municipalité lui préféra le téléphone. C'est ainsi que l'année 1882 fut marquée par un essai au service public : la liaison du commissariat central à ceux des arrondissements.

 

Dés lors apparut primordial d'installer un réseau dans la ville. Le président du conseil général en était vraiment persuadé, d'abord dans l'immédiat pour développer commerces et industries de l'agglomération stéphanoise, et dans un proche avenir pour le profit du département tout entier. Sur sa demande, le ministre des Postes Télégraphes fit parvenir au préfet de la Loire des formulaires renfermant les conditions réservées aux particuliers : les souscripteurs payeraient les fils du réseau, mais bénéficieraient d'un abonnement très modéré.

PRIMES ET PRIX

Les chambres, de leur côté, firent une offre promotionnelle : elles votèrent un crédit spécial destiné à couvrir les frais d'équipement dans les cinq villes qui fourniraient le plus grand nombre d'adhésions.

S'ajoutait un abonnement dégressif fonction du nombre des demandes, un autre pour l'acquisition d'un second poste. L’État s'attendait à un flot d'inscriptions, or ce fut loin d'être la ruée.

Négociants et industriels lorgnaient sur l'offre émanant d'une entreprise privée : la Société Générale des Téléphones. Elle proposait une redevance fixe de 400 Frs par an, englobant installation et abonnement. L'État ne demandait que 170Frs, ce qui correspondait au seul abonnement mais il restait une inconnue : les frais d'équipement.

Le ministère alors aligna ses tarifs sur ceux de la compagnie des Téléphones : ce serait 400frs payable toutefois en quatre annuités. De plus il fit valoir qu'une fois l'installation remboursée, les frais se réduiraient à l'abonnement. La dépense, par ailleurs, deviendrait dégressive au-dessus de trois cents souscriptions.

Le gouvernement ne manquait pas de projets : il envisageait même, pour avantager la totalité du bassin stéphanois, de raccorder au bureau principal, prévu à Saint-Etienne, des bureaux auxiliaires à Rive-de-Gier, Saint-Chamond et au Chambon-Feugerolles, à condition de recueillir au moins cinquante inscriptions dans chacun de ses cantons.

C'était fixer un seuil trop élevé. Il estima, en mai 1883, que trente demandes lui suffiraient dans l'agglomération. Mais Saint-Étienne ne dépassait pas onze abonnés, chiffre aussi néfaste...qu'un bouillon de onze heures.

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Les vacances arrivent, vous retrouverez donc Serge Granjon et son Roman de l'Histoire de Saint-Étienne Le premier jeudi de septembre.

Tag(s) : #le roman de l'Histoire Serge Granjon

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