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PAONS

 

Il y a bien longtemps, un paon vivait dans la basse-cour avec les poules. Il était très malheureux. C’est vrai que, en ce temps-là, le paon était toujours tout gris, même au printemps. Et comme il était triste, son humeur aussi était grise.

Quand il marchait, sa longue queue traînait par terre. Aussi avait-on pris l’habitude de compter sur lui pour balayer le sol. Et tous les jours, quand sa queue avait bien balayé, le paon était encore plus sale et plus gris.

Les autres habitants de la basse-cour l’aimaient bien quand même. La fermière aussi. Il se couchait de bonne heure, en même temps que les poules. Si bien que le soir, il se sentait très seul. Il aurait aimé avoir une compagne. Il était même amoureux. Mais celle dont il était amoureux ne le regardait pas…

Un jour, le soleil avait brillé si fort que toute la basse-cour était restée à l’ombre du toit. Tout d’un coup, de gros nuages noirs arrivèrent en courant. Effrayées, les poules traversèrent le pré. Et le coq se mit à chanter en plein jour.

Le paon n’avait jamais vu d’orage aussi violent. Il resta à regarder tomber la pluie. Il s’aperçut bientôt que la pluie faisait le ménage bien plus vite que lui… Toutes les brindilles disparaissaient en un clin d’œil ! Ce soir-là, il n’aurait pas besoin de se fatiguer ni de se salir à les traîner derrière lui avec sa queue…

Il était si content qu’il décida de se faire beau pour aller rendre visite à celle qu’il aimait. Comme un jet d’eau tombait du toit, il prit là une bonne douche qui le débarrassa de toute sa grisaille.

Quand le soleil fut de retour, le paon lui demanda de sécher toutes ses aiguilles. Mais sa queue, qui était pleine d’eau, était si lourde, qu’il avait de la peine à l’étaler.

Le soleil qui l’observait lui dit à sa manière :

- Tu devrais relever ta traîne, et la déployer comme un éventail. Ce serait moins lourd ! Et j’aurais plus vite fait pour la sécher…

Quand le paon arriva devant sa belle, elle ne le reconnut pas. Il marchait comme un prince, avec une traîne resplendissante. Ses aiguilles avaient pris une belle couleur de sapin, et le soleil s’était amusé à laisser dessus des perles d’eau qui dansaient avec des reflets bleus.

La jeune voisine était tellement éblouie qu’elle ne pouvait pas détacher ses yeux de ces perles. Alors les perles s’agrandirent pour refléter les yeux de la belle, et se fixèrent pour toujours sur la traîne.

Tag(s) : #Yolande Moyne

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