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L’année 1885 fit craindre une éclipse d’un nouveau genre : le ciel obscurci par des faisceaux de fils d’acier galvanisé, destinés à servir d’abord trente abonnés.

 

Telephone:    As early as 1885, Lars Magnus Ericsson created the telephone handset, which was just one of his many improvements to contemporary telephones.: Au cœur du Forez, du côté de la ferme des Places, il était conseillé aux novices de tous poils, plutôt de toutes plumes, de ne pas se risquer sur les arbres du domaine. Sinon corneilles et autres pies pouvaient bien à jamais cesser de jacasser. Un comble de périr, quand on est si bavard, les pattes emmêlées dans des fils chargés justement de transmettre la parole.

Fait est que le marquis de Poncins, coutumier d’ingéniosités, au lieu d’installer des poteaux le long des six kilomètres de sa propriété, avait choisi les arbres comme supports téléphoniques. Mais vérité ici devient mensonge ailleurs : sauf à supposer de vastes avenues bardées, par dizaines, de rangées de platanes, il paraissait impossible, pour un réseau urbain, de tisser par monceaux des fils de branches en branches.

Et c’est ainsi qu’à peine deux ans plus tard, le 23 décembre 1884, le conseil municipal de Saint-Etienne donnait la préférence à la Société Générale des Téléphones, autorisée à établir les lignes nécessaires dans toute l’étendue de la commune. Moins regardante que l’administration, elle ne fixait aucun seuil à ses installations : elle avait proposé à Lyon ses servies pour à peine cinquante abonnés. Les conducteurs y étaient posés dans les égouts, de même qu’à Paris et Bordeaux. Mais ceux de Saint-Etienne, comme la plupart des villes, ne le permettaient pas : il y fut adopté une installation aérienne.

UN CENTRAL POUR CENT ABONNES

Début janvier 1885, au 30 de la rue de la Bourse ( devenue Résistance ) à l’angle avec la rue des Jardins ( Michel Rondet, depuis ), bien des passants levaient les yeux en direction du toit : s’y dressait un curieux échafaudage : c’était une cage en bois réunissant quantité de fils, fixés à des barreaux par des isolateurs en porcelaine. Des chevalements, de bois également, les portaient aux corniches des maisons. Ils divergeaient, les uns, par la rue des Jardins, vers la place Mi-Carême ; d’autres allaient de la rue de la Bourse à la place Saint-Charles ; et les derniers joignaient la place de l’Hôtel-de-Ville.

On avait renoncé aux fils sur les toitures. Placés dans des crochets en fer galvanisé, ils reliaient les bandeaux des façades, des premiers ou deuxièmes étages, au choix des propriétaires. Fin septembre 1885 furent posés des crochets rue de la République. Pendant ce temps, dans le bureau central du 30 rue de la Bourse, les opératrices mettaient en contact trois dizaines d’abonnés ; chiffre très en dessous des cent noms prévus sur le tableau de mise en communication. Mais on comptait bien que, par un prompt renfort, ils se verraient deux cents sans attendre, un jour futur, d’arriver à bon port.

 

Saint-Etienne sous la IIIe république - Du téléphone - 1er Central
Tag(s) : #le roman de l'Histoire Serge Granjon

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