Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

Afficher l'image d'origine

Quelque part dans la forêt, vivaient des fleurs extraordinaires. Elles flottaient sur l’eau. Leurs joues étaient douces, nacrées et roses comme les joues d’un bébé. Des joues à fossettes, ces petits creux près de la bouche qui rient en même temps que les enfants.

Et les fleurs souriaient de toutes leurs fossettes. Autour du cou, elles portaient une collerette. Une collerette vert tendre, toujours bien repassée. Au-dessus de leur tête, les petites feuilles rondes des arbres venaient les chatouiller comme des cheveux frisés. Avec leur collerette et leurs cheveux frisés, on aurait dit des visages d’anges, comme des chérubins.

Les nénuphars, ces fleurs roses et blanches à fossettes, aimaient se balancer sur l’eau. Le soleil en profitait pour jouer à cache-cache avec elles à travers les arbres. Et quand il les illuminait de tous ses rayons, les nénuphars souriaient de plaisir.

Afficher l'image d'origineDepuis longtemps, un peintre avec son chevalet avait découvert les nénuphars. Il venait tous les jours avec ses pinceaux. Et il essayait de mettre sur sa toile les couleurs de ces fleurs extraordinaires.Son petit garçon qui l’accompagnait aurait bien aimé caresser les joues roses et les collerettes vertes. Mais les fleurs vivaient dans l’étang. Alors il regardait chaque fleur, comme si ses yeux pouvaient toucher la peau nacrée des nénuphars.

Un jour de grand soleil…

- Oh ! un nénuphar qui pleure ! s’écria le garçonnet. Regarde… Il a des larmes d’or…

Vite, le peintre changea de pinceau. Et il déposa sur sa toile deux larmes fines, claires, transparentes… Elles avaient l’air d’être suspendues, tout près des fossettes des nénuphars. Des larmes que le soleil faisait briller comme des perles, sans les sécher… Et puis le ciel s’assombrit. Des petits nuages coquins s’étiraient juste devant le soleil. Ils l’empêchaient de mettre de l’or sur les larmes du beau nénuphar.

Le peintre changea encore ses pinceaux. L’enfant regarda mieux les joues nacrées. Elles étaient toujours un peu roses, avec, parfois, des larmes d’argent… D’autres nuages arrivèrent. Des gros, des gris, des noirs… Il en venait de partout. Ils étaient si nombreux que le ciel n’était plus assez grand pour eux. Alors ils se bousculaient en faisant beaucoup de bruit. Maintenant, le peintre et son petit garçon P1140954 [1280x768]regardaient le ciel à travers leur fenêtre. Et les pinceaux couraient dans tous les sens pour mettre de gros orages sur les nouvelles toiles.

Enfin, le soleil qui s’ennuyait ramena le peintre auprès des nénuphars. Et avec lui le petit garçon.

- Les nénuphars sont malades ! s’écria l’enfant.

De grosses taches noires avaient sali les fleurs. Leur peau nacrée était devenue sombre. Le rose avait presque tout disparu… Même les collerettes vertes étaient tristes. Tous les jours, le peintre préparait ses pinceaux. Et l’enfant prenait son petit arrosoir pour laver la boue des nénuphars… Mais l’étang était grand. Les plus belles fleurs étaient bien trop loin de l’arrosoir. Et le nénuphar aux larmes d’or avait toujours ses vilaines traînées sur les joues… Le petit garçon s’assit au bord de l’eau. Une jolie rainette sautait sur les collerettes des nénuphars. Les oiseaux chantaient leurs chansons. Personne ne voyait qu’il était triste.

- Petits oiseaux, dit-il, le nénuphar aux larmes d’or est malade… Allez dire à la pluie qu’elle vienne laver ses joues et sa collerette…

Mais la pluie était bien trop occupée dans un autre pays. Elle n’écouta pas les oiseaux…

Afficher l'image d'origineOr la jolie rainette avait tout entendu. Et les rainettes savent bien parler à la pluie. Le soir venu, toutes les rainettes de l’étang sortirent de leurs cachettes. Elles s’installèrent chacune sur la collerette d’un nénuphar, et elles commencèrent leur chanson.

Elles chantèrent longtemps, longtemps… Leur chant berça les nénuphars. Ils s’endormirent tous, en oubliant qu’ils étaient malades.

Le lendemain, quand le petit garçon arriva près de l’étang, les fleurs étaient toutes neuves. Leur rose n’avait jamais été si vif, leur nacre si douce. Et les collerettes brillaient, sans un faux pli. Au milieu de l’étang, le nénuphar aux larmes d’or souriait. Deux grosses perles dorées ensoleillaient ses joues. Alors le soleil brilla de plus en plus fort. Même les petits nénuphars s’étirèrent. Tous se mirent à rire en creusant leurs fossettes. Ils étaient si heureux qu’ils riaient aux larmes. Et leurs larmes étaient des larmes d’or.

Afficher l'image d'origine

Tag(s) : #contes et légendes

Partager cet article

Repost 0