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J’ai parlé précédemment, en mai 2015, de la fin du vélodrome stéphanois. Il se situait rue Denis Papin, à l’emplacement actuel de la Faculté. Edifié en 1924 sur l’initiative de Jean-Frédéric Boudet, il fut démoli en 1961, avec la promesse d’en reconstruire un autre (sans commentaire).

 Sa piste en érable, la meilleure de France, faisait partie des plus roulantes en Europe. Cette qualité dépend du dessin de l’anneau, avec un point crucial, le changement d’inclinaison entre la sortie de virage et la ligne droite. Il ne faut pas que le pistard ressente un ressaut à chaque passage, comme c’était le cas, paraît-il au vélodrome de Paris, construit en 1909 sous l’impulsion d’Henri Desgranges, le père du Tour de France.

Ce dernier fut démoli un peu avant le nôtre, en septembre 1959. Si la destruction du bâtiment stéphanois pouvait se justifier par son état, dans la capitale on se trouvait en face d’une spéculation immobilière. Magali Noël et Philippe Clay donnèrent le départ de ce qui fut la dernière édition des Six Jours de Paris en 1958. L’équipe Anquetil-Darrigade-Terruzi a inscrit son nom à l’ultime ligne du palmarès. Michèle Mercier, Marquise des Anges, avait été proclamée Reine, chargée de remettre les bouquets aux vainqueurs. Notre compatriote Rivière avait abandonné, victime d’une chute dans la première heure de course.

Cette épreuve avait été crée en 1913 par le directeur du Vél’d’Hiv’ d’alors, Robert Desmarets, suivant l’exemple d’une course américaine équivalente, qui se nommait là-bas le Madison. Il était le père de la comédienne Sophie Desmarets. La naissance de cette dernière avait été annoncée par haut parleur, lors d’une réunion cycliste, à une foule qui acclama sa venue au monde, que l’on venait tout juste d’annoncer à son père.   

 Afficher l'image d'originePour la dernière ouverture parisienne en avril 1959, Roger Rivière a battu le record de la piste sur une distance de poursuiteur.  Quant au record du tour de piste il était la propriété d’un excellent pistard qui s’était brillamment reconverti dans le cinéma par la suite, André Pousse. Jean Gabin lui avait déclaré un jour : « T’as bien fait de faire détruire le Vél’D’hiv’, Dédé, comme ça t’es sûr qu’on te piquera pas ton record du tour ! ». A son actif, on peut citer également une liaison de huit mois avec Edith Piaf, ensuite durant sa carrière d’agent il lança en 1959 un petit jeune, Johnny Hallyday. Il mourut à 85 ans victime des suites d’un accident de la route, sa voiture ayant fait un tonneau à la suite d’un mauvais coup de volant provoqué par une piqure de guêpe. On peut parler de fatalité pour cet épisode malheureux, mais en d’autres circonstances de sa vie la chance l’avait accompagné puisqu’il aurait du être dans l’avion de son ami Marcel Cerdan.   

 Avant 1900, Paris comptait trois vélodromes principaux. Celui qui se nommait Buffalo avait été édifié sur l’emplacement occupé par la troupe de Buffalo Bill lors de l’exposition de 1889. Lors de son inauguration le 11 mai 1993, Henri Desgranges y établit le premier record du monde de l’heure à 35 km 325. La piste à l’origine en revêtement dur et de 333 m de développement, fut refaite en lattes en 1902 mais ramenée à 300 m. Cette modification ne facilitait pas le travail des commissaires pour calculer les distances. Les virages inclinés répondaient à l’appellation populaire des falaises de Neuilly.

En 1914 le terrain fut réquisitionné pour construire une usine d’aviation. Son directeur était célèbre pour une autre raison puisqu’il s’agissait de Tristan Bernard, alors rédacteur en chef du Journal des vélocipédistes. Toulouse Lautrec a peint un portrait de lui sur fond de ce lieu.

 Ce tableau est maintenant la propriété d’un collectionneur privé américain.

(A suivre)

Tag(s) : #Souvenirs de stéphanois

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