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La dernière année, en 1953, l’instituteur nous avait amenés tout l’après-midi au vélodrome. Cela correspondait à la période creuse où les pistards tournaient au ralenti, avec le guidon retourné. Sur la fin avant de partir, nous avons assisté aux premiers sprints et aux chasses. J’ai vu pour la première fois, ces fameux relais à l’américaine, où le coureur déjà lancé propulse d’un bras son coéquipier.

Puisqu’on parle relais, on pourrait ouvrir une parenthèse pour évoquer celui différent, que l’on qualifie à « l’italienne ». Une équipe roule en ligne, c'est-à-dire en file indienne. Le premier coureur entraîne dans son sillage ses coéquipiers, en faisant un effort important. Il convient de le soulager en le relayant. Pour cela à chaque tour, en arrivant dans le virage, il ne se penche pas et avec la vitesse il monte. Celui qui était deuxième se trouve en tête, sans le moindre effort. Quant à lui, quand ses équipiers sont passés en dessous de lui, il redescend, accéléré par la pente, et reprend place derrière le dernier. On appelle cela « replonger dans la roue ». Il convient d’effectuer cette manœuvre en ne laissant pas trop d’espace, ce qui obligerait à un effort inutile. Il ne faut pas non plus toucher la roue arrière du coéquipier, ce qui occasionnerait la chute des deux.        

 Un jeudi d’octobre 1958 la télévision a réalisé un direct. C’était pour la célèbre émission de Pierre Bellemare « La tête et les jambes ». Les jambes en l’occurrence, étaient celle de Roger Rivière qui devait rattraper par une performance sportive le candidat qui n’avait pas donné une bonne réponse.   

 Toutes ces réunions cyclistes ne représentaient qu’une partie des Afficher l'image d'origineutilisations possibles. Je citerai avec certainement des omissions les courses de motos, la boxe, le catch, le tennis et le basket. C’était le terrain de l’A.S.S., ses basketteurs jouaient également en vert. Les vedettes de l’époque se nommaient Chavet et Veyron, Charles Bargoin en était l’entraîneur. Il œuvrait en plus à l’école des pistards et s’occupait également de boxe, car il possédait un diplôme qui lui permettait d’enseigner et de diriger tous les sports. Cet ancien sportif avait pratiqué le rugby, le basket, le football et le hand-ball. Son palmarès était éloquent : champion de France de rugby en 1931, champion de France de hand-ball en 1943, finaliste du championnat de France de basket en 1942.  

 Sous la verrière les plus grands spectacles ont trouvé leur place. Ainsi on a pu voir entre autres, les Harlem Globe Trotter, le Cirque de Moscou, les Holiday on Ice… On ne peut pas passer sous silence non plus, les concours de boules, expositions de voitures ou présentations de chiens. La semaine du cycle et des industries mécaniques régionales, a connu à son époque, de 1927 à 1932, un grand succès.

 Depuis 1949, jusqu’au 24 mai 1959, jour de sa dernière ouverture au public, la célèbre Fête de la Jeunesse investissait les lieux chaque jeudi de l’Ascension. 

 En d’autres circonstances, en 1943 par exemple, on a distribué des repas à des enfants nécessiteux. S’y sont déroulés à certains moments, divers congrès, des meetings politiques et même des banquets. Sur la photo ci-dessous il s’agit d’une messe, on n’a aucune peine à situer la période de l’événement.

 Je vais évoquer maintenant un usage ponctuel peu connu. A l’occasion de chaque élection, on reçoit par courrier les programmes de chacun des candidats. A l’heure actuelle nos adresses sont imprimées, mais il fut un temps où elles étaient écrites à la main par des personnes rétribuées à l’enveloppe.

 Dans ce cas-là, on disposait des dizaines de tables au centre de la piste, et des dames se chargeaient de l’écriture et de la mise sous pli. Comme il faisait toujours froid dans cet édifice, des braseros apportaient un peu de chaleur. Le résultat était sans doute plus psychologique que calorifique.

(A suivre)

Tag(s) : #Souvenirs de stéphanois

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