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Il était une fois dans un pays lointain , un couple et ses cinq enfants.

Le père avait eu, d'un premier mariage, une fille adorable nommée Alma. Il avait perdu sa femme un an après la naissance de son enfant.  Quelque temps plus tard, il se remaria avec une veuve, mère de trois filles : Barbara,l’aînée, Greta la seconde, et Erika la dernière.

Alma était la plus jeune des quatre. Le couple eut un cinquième enfant : un garçon, Handy. Cet enfant, seul garçon, fut très chouchouté par ses parents et ses grandes sœurs, qui lui passèrent tout, de sorte qu'il devint un « affreux garnement » toujours soutenu par ses trois sœurs et ses parents, qui trouvaient toujours des excuses à ses cruautés, à ses médisances et à ses vilains actes. Alma souvent le réprimandait mais Handy se moquait d'elle et ne l'écoutait pas.

Le temps passa. Alma fêta ses quinze ans. Elle n'était ni malheureuse ni envieuse bien que ses sœurs aient toujours la priorité sur tout. Elle devait se contenter des robes déjà portées, et n'avait pas ni chambre ni objets personnels. Elle occupait un tout petit cagibi dans la cuisine. Mais elle ne se plaignait jamais,elle souriait tout le temps. Elle aimait les bêtes, la nature, les oiseaux,  venait en aide à ses proches, à ses amis, ses voisins. Pour les corvées, c'était souvent elle qui se rendait en forêt pour récupérer le bois de la maisonnée. Elle allait courageusement à la rivière et rapportait l'eau si fraîche du puits, ou encore c'était elle qui n'hésitait pas à grimper sur les pentes abruptes des bois pour cueillir les myrtilles et les mûres si bonnes en confitures ! Bref, tous l'aimaient à part...ses demi- sœurs et Handy qui la jalousaient tant elle était belle et aimable. Sa belle-mère également la méprisait et l'humiliait.

Un jour, Alma partit en forêt pour récupérer du bois, de l'eau fraîche et des fruits des bois. Elle s'affaira toute la journée, fit de beaux fagots, prit l'eau de la source des fées et ramassa deux seaux de fruits rouges sauvages. Elle fixa sur son dos les fagots, prit la cruche d'eau et le seau de fruits puis reprit le chemin de la maison. Elle marchait d'un bon pas lorsqu'elle rencontra une pauvre vieille assise sur un tronc et qui semblait bien souffrir :

- Jeune fille, donne-moi à boire de ta bonne eau ! J'ai grand soif ! dit la vieille.

Alma s'exécuta immédiatement :

- Tenez brave dame ! Buvez l'eau pure de la source des fées !

- Ne serais-tu pas Alma, dis-moi ? Poursuivit la vieille.  

Alma hocha la tête.

- J'ai entendu parler de toi.

- Ah vraiment ! Répliqua, étonnée, la jeune fille.

- Donne-moi encore de l'eau que je nettoie mon visage, mes mains et mes cheveux ! Demanda encore la vieille.

Alma versa sur le visage de la vielle femme l'eau et lui nettoya les cheveux.

- Merci ! dit la vieille ! Merci ! Oh, tu n'as plus d'eau dans la cruche !

- Ce n'est pas grave ! Ajouta gentiment Alma. Je retournerai en chercher, ne vous inquiétez pas.

- Maintenant j'ai faim ! Donne moi ce que tu as ramassé dans ton seau ! demanda la vieille.

Alma lui offrit ses airelles, ses framboises et ses mûres. La vieille les mangea toutes.

- Oh, tu n'as plus de fruits ! S'écria la vieille, l'air ennuyée.

- Ce n’est pas grave,  j'irai en chercher encore...Il y en a tant...répondit gentiment la jeune fille.

- A présent ! dit la vieille. Il faut que tu me portes sur ton dos, avec les fagots et que tu me ramènes chez moi, je suis trop fatiguée pour marcher !

La brave Alma prit donc la vieille sur son dos avec ses fagots.

Arrivée  devant sa maison, la vieille dit :

- Merci Alma, à présent il faut que tu me donnes ton bois car il fait froid dans ma maison !

- Tenez, il est à vous, lui dit Alma. dans un sourire.

- Oh, mais tu n'as plus de bois pour toi ! s'écria la vieille.

- Ce n'est pas grave, je retournerai en chercher tout à l'heure.

 - Si tu le dis, allez, à présent, entre dans mon humble demeure !

La jeune fille obéit et la vieille la fit asseoir puis s'adressant à elle :

- Je vais te poser une question. Réponds-y franchement. Je veux entendre ton cœur parler ! Dis- moi quelle est ta saison préférée ?

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La jeunette ne réfléchit pas longtemps et s'exprima en ces mots :

- Brave dame, j'aime toutes les saisons. Toutes ont leurs beautés, leurs particularités, leurs couleurs, leurs odeurs. J'aime l'hiver quand la neige tombe et recouvre le paysage de son manteau blanc ! Comme tout est beau et silencieux en forêt en cette saison ! Quand nous fêtons Noël, quand nous décorons le sapin et quand le Père Noël gâte les petits !

J'aime le printemps ! Oh oui,  j'aime le printemps quand la nature renaît, lorsque les oiseaux font leurs nids et gazouillent de bon matin. Quand les arbres sont en fleurs, quand les sources jaillissent, quand les agneaux gambadent dans les prairies peuplées de marguerites, de boutons d'or, de violettes, de jonquilles et de narcisses.

Mais j'aime tout autant l'été, quand il fait si chaud que l'on peut se baigner dans les rivières glacées, quand on se protège des rayons de soleil à l'ombre des grands arbres de la forêt, quand les champs sont rouges de coquelicots, bleus de bleuets et blancs de liserons. J'aime les nuits d'été quand le ciel est un livre d'étoiles.

 Enfin, j'aime l'automne avec sa mélancolie, ses couleurs merveilleuses lorsque la forêt, couleur de feu, se reflète sur le lac mauve. J'aime cueillir les châtaignes et les noisettes et voir les écureuils s'affairer...Brave femme j'aime toutes les saisons car j'aime la vie, j'aime notre terre et je veux la protéger !

Alors la vieille dame se leva et sous les yeux émerveillés d'Alma se transforma en une magnifique fée aux yeux azur, à la tête couronnée de muguet, de roses, de jonquilles, de colchiques, et de gui . Sa chevelure était  rousse, sa robe verte était parsemée de fleurs printanières et sa cape blanche  était faite de poudre de neige .

- Alma, Je suis la Reine des saisons ! Et ton discours m'a plu ! Tu es une charmante jeune fille et je vais te récompenser pour ce que tu as fait et ce que tu as dit, car ton cœur est pur et ton âme est grande ! Oui il faut sauver notre terre et la protéger et ce sont des personnes comme toi qui doivent guider les autres ! Voilà, reprends ton seau de fruits, à l'intérieur, que vois -tu ?

- Mon Dieu, ce sont des pièces d'or ! C'est beaucoup trop ! s’exclama la jeune fille.

- Tiens, regarde dans la cruche à présent !

- Oh, s'écria Alma, des pierres précieuses ! mais c'est beaucoup trop !

 - Regarde maintenant tes fagots, regarde, dit malicieusement la Reine !

Alma se tourna vers les bois morts et vit à leur place des tissus de soie, de fil d'or d'une valeur inestimable ! Le jeune fille n'en croyait pas ses yeux : toutes ces richesses pour elle !

- Allez, il est temps de retourner chez toi  et fais bon usage de ces richesses ! lui dit la reine en souriant.

- Merci ! Merci !  répondit Alma en s'en allant.

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Comme le chemin lui parut long jusqu'à la maison où sa belle-mère l'attendait impatiemment pour qu'elle s'acquitte de ses tâches ménagères et autres corvées, mais elle n'eut pas le temps de la gronder car Alma lui présenta ses trésors : les pièces d'or, les pierres précieuses, les tissus de soie...

- Alma, comment as -tu obtenu tout cela ? Tu ne les pas volés au moins ? gronda la marâtre.

- Pas du tout ! C'est une brave vieille que j'ai aidée et secourue dans la forêt qui m'a récompensée de la sorte !

La famille ne chercha pas plus d'explication et profita de ces bienfaits pour s'acheter un luxueux château, un palais d'été, des bateaux, des carrosses, des toilettes faites dans les plus beaux tissus, etc ... Tant et si bien qu'elle dilapida en très peu de temps tout ce beau trésor. Au bout  de l'année, il ne leur restait rien que leur grande maison.

Alma, elle,  n'avait pas voulu vivre de ces richesses et avait décidé de quitter la maison pour aller étudier en pension,  d'où elle ne sortait jamais, sauf les dimanches, pour aider les pauvres et les malades à l'hôpital. Elle n'avait gardé de son trésor, dont sa belle mère avait pris possession,  que quelques pièces d'or et pierres précieuses pour donner aux pauvres de la ville où se trouvait le pensionnat.

Bientôt, ayant épuisé tout le trésor, la marâtre accompagnée de son mari, vint au pensionnat pour demander à Alma de retourner dans la forêt afin d' obtenir d'autres bienfaits de la vieille... Alma refusa tout net et sa belle-mère, malgré ses cris et menaces, ne put l'y obliger, le père ayant pris la défense de sa chère fille. Alma, cependant, indiqua à sa marâtre l'endroit où elle avait vu la vieille dame mais s'abstint de lui dire qu'il s'agissait de la Reine des Saisons.

 La marâtre décida donc  d'envoyer ses trois filles, les unes après les autres, dans la forêt à la rencontre de la vieille femme.

L'aînée, Barbara,  se rendit donc dans la forêt et rencontra la vieille. Mais,  lorsque cette dernière lui demanda de lui donner à boire de sa cruche,la jeune fille lui répondit méchamment :

- Allez donc boire à la fontaine ! je n'ai pas de temps à perdre, je cherche une fée.

Ah, oui...C'est peut-être moi la fée ??? dit la vieille

Barbara lui demanda alors

- Si vous êtes la fée, dites moi que faire pour être riche comme Alma ?

- D'abord me donner à boire, à manger puis me laver et me porter et pour finir, me donner tout ton bois, après je te poserai une question !

- Je ne veux rien faire de tout cela !  s'écria, en colère, Barbara, Mais je veux bien répondre à ta question.

La vieille la regarda sévèrement mais lui posa néanmoins la question :

- Quelle est ta saison préférée ?

- Ah, moi, je n'aime que l'été !  C'est la saison des bals et j'aime danser, bien m'habiller, faire la fête. Je n' aime pas l'automne : le vent froid souffle et vous glace. Il n'y a plus de feuilles aux branches des arbres, quelle laideur ! Je n'aime pas l'hiver, non plus,  car il gèle, les jours sont courts, le givre et la neige nous glacent et l'on ne peut sortir. Bah, et le printemps je ne le supporte pas à cause des pollens qui me font tousser, et tous ces oiseaux qui n’arrêtent pas de jacasser !..Ah non, je n'aime que l'été !

- Eh bien moi, répondit la vieille, je ne t'aime pas !  Allez, ouste !Retourne chez toi travailler, tu ne mérites rien !

De retour à la maison, la mère en colère de voir sa fille revenir bredouille, hurla :

- Tu n'as pas bien répondu, idiote ! C'est le printemps qu'il fallait répondre !

Elle envoya donc Greta rencontrer la vieille. Mais celle-ci refusa de donner le pain et le lard qu'elle avait dans son panier à la brave vieille. Elle voulut, néanmoins, comme sa sœur aînée répondre à la question. Comme sa mère l'y avait incitée, elle dit que le Printemps était la saison qu'elle préférait ;  que l'été tout était grillé par la soleil, que l'automne et l'hiver étaient des saisons détestables, froides et grises. Et, comme sa sœur, elle fut chassée par la vieille et s'en retourna chez elle la mine déconfite.

-Tu n'as pas donné la bonne réponse, hurla à nouveau la mère, en s'arrachant les cheveux ! Cette vieille folle doit aimer l'automne ! Allez, Erika ! C'est ton tour et ne te trompe pas !

Erika partit donc dans la forêt où elle rencontra la vieille et, comme ses sœurs, refusa de lui donner quelques brindilles pour se chauffer. Nonobstant, elle demanda à répondre à la question de la saison préférée et proposa l'automne, comparant l'hiver à la mort, le printemps au déluge, et l'été à la sécheresse ! La vieille lui jeta un regard courroucé avant de la renvoyer chez elle.

A son retour, la mère, voyant sa fille bredouille, elle aussi, appela Handy et lui recommanda de proposer l'hiver.

- Mais bien sûr ! s'exclama l-t-elle. C 'est l'hiver sa saison préférée puisque elle-même est à l'hiver de sa vie et va bientôt mourir ! Handy, tu diras que tu préfères l'hiver.

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Handy partit donc dans les bois et, lorsqu'il rencontra la vieille, il lui lança d'abord des cailloux comme il l'avait fait plus tôt avec les lièvres et la biche, puis se ravisant, il s'approcha de la vieille dame :

- Excusez moi, fit-il mielleux, je vous avait pris pour une bête !

- Alors comme ça, tu lances des pierres aux bêtes ? Interrogea la vieille.

- C'est parce qu'elles sont dangereuses et veulent m'attaquer ! Répliqua avec beaucoup d'aplomb Handy.

- Ce que je viens de voir, c'est un garçon qui a lancé des pierres à des bêtes innocentes, dit la femme d'un ton sévère. Que veux-tu de moi ?

- Je voudrais que vous me posiez la question de la saison préférée !

-Vraiment... ! Alors, vilain garnement, quelle est ta saison préférée ?

-L'hiver, l'hiver c'est l'hiver  avec son manteau blanc ! J'ai horreur du printemps à cause des fleurs et je n'aime ni les fruits, ni les arbres. L' été, il fait trop chaud et on suffoque ! L'automne, c'est le vent, la pluie sans discontinuer ! L'hiver, j'aime l'hiver et son manteau blanc !

- Rien, Tu n'auras rien de moi ! Hurla la vieille, car tu ne le mérites pas ! déguerpis de ma forêt à présent ! Et rapporte bien ceci à tes parents : ne vous avisez plus jamais d'aller molester Alma dans son pensionnat ! Laissez-la en paix, sinon, je promets de vous transformer tous en crapauds ! Toi, tes trois sœurs, ta mère et ton père !

- Ah oui ! Eh bien voilà ! prend-ça vielle chouette ! Et l'horrible garçonnet lança de gros cailloux à la  la vieille qui s'écroula, gravement blessée à la tête. Handy riait  et se moquait :

- Ah Ah ! Bien fait pour toi, vieille chouette !

Puis, content de son méfait, il déguerpit. Mais la vieille dame qui, comme on l'a vu, n'était autre qu'une fée, se releva bien vite, nettoya sa blessure , puis se transforma en un gigantesque ours blanc qui se mit à poursuivre Handy dans la forêt. Le garnement hurlait de peur et appelait au secours, hélas personne ne vint à lui. L'ours ( la fée en vérité ) l'attrapa et lui dit :

- Si tu ne deviens pas un bon garçon, je saurai te retrouver et cette fois-ci, je te dévorerai ! Compris ? L'ours relâcha Handy qui courut à perdre haleine pour se réfugier dans sa demeure. Il raconta, en pleurs, sa mésaventure et les menaces de la vieille et de l'ours à sa mère. cette fois-ci, cette derrière, décida de ne plus tenter le diable et de ne plus retourner voir la vieille.

Les trois filles et Handy durent travailler dur, ainsi que leur parents pour conserver leur dernière maison. Fini les bals, les robes et les bijoux ! Il vécurent avec le strict minimum et ne demandèrent plus jamais rien à Alma. Handy, par peur d'être dévoré,  cessa de chasser les animaux et de leur faire du mal.

Alma, quant à elle, retourna dans la forêt et y retrouva la fée des quatre saisons qui la félicita pour tout le bien qu'elle avait fait et lui promit tout le bonheur du monde pour sa gentillesse et son dévouement, avant de disparaître à tout jamais…

Painting on page:

Quelque temps plus tard, Alma alla voir  voir son père , mais elle n'était pas seule : un beau jeune homme l'accompagnait : le nouveau médecin de l’hôpital de la Pension .  Bientôt, les jeunes gens se marierent et eurent de beaux  enfants qu'ils élevèrent dans une belle maison. Elle soigna la terre, les plantes, les forêts, les animaux... Plus tard elle écrivit l'histoire de la « Reine des Saisons, » où elle parlait des beautés de notre planète et de sa fragilité aussi.

Et c'est ainsi qu'elle devint « l ' ambassadrice mondiale des quatre saisons de la terre ! »

Tag(s) : #contes et légendes

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