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Par le biais des alliances, des stratèges en herbe portèrent à la perfection un phénomène culturel déjà évoqué au temps de la ligue :

" N'ériont quauque vez cent, je ménava la banda

N'avallont vez Montaud nous battre à co de franda ".

A peine signée, la capitulation devant les Prussiens eut pour effet de sonner la charge dans Marseille. Des vagues d'assaut en culottes courtes s'y flanquaient ribambelles d'horions. Sur le thème de la revanche, de fabuleux combats opposaient en deux camps fictifs les Français aux Prussiens.  Insensible à la grandeur de cette raison d'État, le maire prit des mesures : il interdit  " les jeux de bataillons ", même si l'expression évoquait les vertus de Sparte. Pour tout dommage causé par des mineurs, il rendit responsable " le père et la mère après le décès du mari ", jusqu'aux " instituteurs et artisans à l'égard de leurs élèves ou apprentis pendant le temps qu'ils se trouvent sous leur surveillance ".

En avril 1871, le maire de Saint-Etienne, publiait son propre arrêté, qui resta lettre morte. Le terrible affrontement du 3 mars 1872 portait en germe un conflit entre deux peuplades voisines : L'un du Bas treuil et l'autre du Soleil. Les tensions nationalistes atteignirent un degré encore inégalé. Prudents, les Bas-Treulliens cherchèrent l'alliance des puissants du moment , dont ils étaient dans la mouvance : le clan des Montaudiens.

Tout auréolés de la gloire acquise dans la journée du 3 mars, il reçurent du Bas-Treuil cette offre appétissante : une lande de terre inculte, comprise entre le puits de la Grande-Pompe et la ligne des chemins de fer PLM. En échange ils devaient tenir en respect leurs antagonistes du 3 mars, autrement dit ceux du " Bois d'Avaize, s'ils venaient au secours des Soleillois. alléchés par l'idée de s'agrandir grâce aux souplesses de la diplomatie, les Montaudiens signèrent le pacte d'alliance.

Quartier de MOntaud

LA BATAILLE DES NATIONS

Ainsi le 17 mars 1872, relata la chronique, à trois-heures du soir dans la plaine du Marais, les Bas-Treuillens, leur aile droite protégée par des Montaudiens, attaquèrent à l'improviste l'armée du Soleil, qui n'était pas en nombre. La surprise fut telle que, dès le premier choc, les Soleillois plièrent et qu'un vent de panique déferla dans leurs rangs.

Enflammés un instant par la mémoire de leurs antiques lauriers, ils opposèrent à l'ennemi une résistance héroïque. mais la phalange des Bas-Treuillens, restée de bronze, remporta une éclatante victoire. Les Soleillois conservèrent l'honneur : leur retraite, en bon ordre, évita la déroute. Ils perdirent toutefois mèches de leur toison, casquettes et sabots, des pans de chemises et des fonds de culottes. de fameux trophées aux sillons du champs d'honneur.

Ils cédèrent aux vainqueurs, en tribut, le puits Achille. Et bien sûr, à tout prendre, mieux valait d'Achille le puits...que le talon.

Tag(s) : #le roman de l'Histoire Serge Granjon

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