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A la fin décembre 2016 nous avions évoqué ce siècle des Lumières, dont les démocraties d'aujourd'hui, pour beaucoup se réclament,  au travers des œuvres de Montesquieu et de Voltaire. Aujourd'hui je vous  propose d'évoquer Jean-Jacques Rousseau un philosophe des Lumières qui continue aujourd'hui encore à nous inspirer.

Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) naît à Genève le 28 juin 1712 dans une famille d’origine française. Orphelin de mère il est élevé par son père. Quelques années plus tard le jeune homme, calviniste, se convertit au catholicisme plus pour échapper à une sanction que par conviction. Le curé auquel il s'adresse l'envoie à Annecy chez Mme de Warens, qui l' envoie à son tour à l’hospice des catéchumènes de Turin.

A son retour de Turin, le jeune homme décide de gagner sa vie mais n'y parvenant pas il rentre chez sa bienfaitrice Mme de Warens qui lui donne l’hospitalité dans sa maison de campagne des Charmettes. C'est dans la quiétude de la campagne, qu'il découvre la nature, lit beaucoup et rêve... En 1740, il trouve un emploi de précepteur à Lyon. Mais comme pour les emplois précédents, il ne réussit pas en grande partie à cause de son " sale " caractère, et quitte son poste pour monter à Paris, avec quelques louis en poche. Il a créé un nouveau système de notation musicale qu’il veut présenter à l’Académie des sciences  et c'est là qu' il fait la connaissance de Diderot. Son système de musique refusé, il entre alors comme secrétaire chez M. de Montaigne qui part pour l'Ambassade de Venise. Un an plus tard, brouillé avec l'homme de lettres, il rentre à Paris et accepte une nouvelle place de secrétaire où fréquente le beau monde, compose de la musique et goûte avec plaisir aux mœurs et aux vices de cette société qu’il flétrira bientôt.

En 1750, est publié son Discours sur les sciences et les arts, sur un sujet proposé par l’Académie de Dijon. Le succès est tel que Rousseau devenu philosophe quelque peu malgré lui se sent forcé de mettre sa vie en accord avec ses principes. Il quitte le monde, vit dans une mansarde et gagne sa vie en copiant de la musique.

Cinq ans plus tard, paraît le « Discours, sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes, qui remporte autant de succès que le précédent. Rousseau devient le philosophe à la mode et on lui offre de vivre dans un pavillon situé dans la forêt de Montmorency, l’Ermitage. C'est là, encore une fois, au milieu de la nature où il se sent le mieux, loin des hommes,  qu'il commence ceux qui seront ces plus grands ouvrages : L'Emile, le Contrat social et laNouvelle Héloïse. Mais, comme toujours son horrible caractère le conduit à la brouille avec sa bienfaitrice ( il se sent persécuté et épié ) et quitte l’Ermitage en décembre 1757.

Il s’installe alors à Montmorency,  et y termine l'écriture de la Nouvelle Héloïse et du Contrat social (1761). Mais lorsque l’Émile, est sur le point de paraître, Rousseau est arrêté et le parlement ordonne la saisie de son livre. Pour échapper à la prison il se réfugie en Suisse.  En 1766, il part pour l’Angleterre, où l’avait invité le philosophe David Hume mais, comme à son habitude, il ne tarde pas à se brouiller avec l'homme et revient en France. Il habite alors la rue Plâtrière ( qui porte aujourd’hui son nom ) et se remet à copier de la musique.

En mai 1778, un admirateur de son œuvre, l'invite à vivre dans son château d’Ermenonville. C’est là que Jean-Jacques Rousseau meurt d’une attaque d’apoplexie, le 2 juillet . Il sera enterré selon son vœu, dans l’île des Peupliers, au milieu du parc de ce château. Par la suite ses restes seront transportés au Panthéon.

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« L’homme est né libre, et partout il est dans les fers. » Comment conserver la liberté naturelle de l’homme dans une société corrompue et corruptrice ? Au contraire de Locke et de Hobbes qui, eux, scellent  le contrat social par la sécurité ou par la propriété, Rousseau signe le pacte social par et dans la liberté.

« Trouver une forme d’association qui défende et protège de toute la force commune, la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun, s’unissant à tous, n’obéisse pourtant qu’à lui-même, et restera aussi libre qu’auparavant » : telle est la clé du Contrat social au sein de laquelle le philosophe distingue la liberté naturelle ( celle que nos forces nous permettent d'accomplir ) et la liberté civile ( assujettie à celle des autres ).

Pour Rousseau chacun doit mettre sa force, sa volonté au service du bien commun et le " bien commun" doit être au service de chacun, ainsi il y a égalité parfaite et aucune oppression n'est donc possible. De même il déclare inaliénable la souveraineté de peuple en lieu et place de la légitimité de Dieu et du Roi ( une bombe au cœur du pacte social, que tous les démocrates n’auront de cesse de désamorcer ). Mais ce peuple a aussi le devoir d'exercer ce pouvoir, en cela Rousseau diffère totalement des autres philosophes. Le pacte social est donc un contrat passé entre les hommes et non avec ou par Dieu. Cependant l'homme parle de religion civile dans son contrat social expliquant que l'homme ne peut vivre sans religion et que s'il n'en existait pas il l'inventerait car il a en lui la nécessité de croire en l'immortalité de l'âme. Cette « religion civile » qui serait commune à tous les hommes assurerait non seulement la liberté des citoyens,  mais aussi la paix entre les hommes et les nations, en tempérant les fanatismes individuels.

De même  le philosophe considérait que tous les hommes étaient socialement égaux et que les inégalités étaient la conséquence des systèmes sociaux ayant permis la domination et l’exploitation de certaines personnes par d’autres. Rousseau a largement contribué à la théorie et à la pratique de la politique moderne. Une question l’a toujours préoccupé plus que toute autre : Comment les êtres humains peuvent-ils vivre librement au sein d’une société ?

Ainsi donc, plus que tout autre philosophe des Lumières, Rousseau est sans doute celui qui a le plus inspiré les Révolutionnaires et la Déclaration universelle des droits de l'homme : "Tous les hommes naissent libres et égaux en dignité et en droits " c'est ce qu'il n'a cessé d'écrire et de défendre tout au long de sa vie.

Tag(s) : #graines de philo

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